Il y a une erreur que la plupart des managers et des équipes font sans s'en rendre compte.
On suppose que les autres fonctionnent comme nous. Qu'ils ont les mêmes besoins d'information, le même rapport au temps, la même façon de prendre des décisions, la même manière de réagir sous pression.
Ce n'est presque jamais le cas.
Et quand cette illusion se heurte à la réalité, elle produit des effets très concrets : des tensions silencieuses, des réunions inefficaces, du désengagement, des conflits ouverts.
Le vrai coût des malentendus de fonctionnement
Gallup estime que seulement 20 % des salariés dans le monde sont réellement engagés au travail. Le coût du désengagement est évalué à environ 10 000 milliards de dollars à l'échelle mondiale.
Évidemment, tout n'est pas imputable aux différences de personnalité. Mais une partie du problème vient bien de là : beaucoup de personnes ne se sentent ni comprises, ni reconnues, ni managées selon leur mode de fonctionnement réel.
La conséquence la plus insidieuse, c'est qu'on transforme très vite une différence de fonctionnement en défaut personnel.
"Il est rigide." "Elle est floue." "Il ne décide jamais." "Elle veut tout contrôler."
Ces jugements ne sont pas neutres. Ils créent des étiquettes qui nuisent à la coopération et rendent les tensions encore plus difficiles à résoudre.
Ce que le MBTI apporte concrètement
Le MBTI, pour Myers-Briggs Type Indicator, est un outil d'évaluation du type psychologique. Il a été développé par Isabel Briggs Myers et Katharine Cook Briggs à partir des travaux du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, notamment sa théorie des types psychologiques.
L'idée fondatrice est simple : nous ne percevons pas tous le monde de la même façon, nous ne prenons pas tous des décisions selon les mêmes critères, et nous n'avons pas tous les mêmes besoins en matière d'organisation et d'interaction.
Le MBTI propose 16 types psychologiques, chacun défini par 4 lettres correspondant à 4 axes de préférence.
E ou I, Extraversion ou Introversion. Où la personne prend naturellement son énergie : dans l'interaction et l'action, ou dans la réflexion et la prise de recul.
S ou N, Sensation ou Intuition. Comment elle recueille l'information : à partir des faits concrets et de l'expérience observable, ou à partir des connexions, des possibilités et des interprétations.
T ou F, Thinking ou Feeling. Comment elle prend ses décisions : à partir de critères logiques et impersonnels, ou à partir des valeurs et de l'impact humain.
J ou P, Jugement ou Perception. Son rapport à l'organisation extérieure : structurer, planifier et stabiliser, ou rester ouvert, s'adapter et ajuster au fur et à mesure.
Un profil MBTI, c'est donc une combinaison de 4 lettres, par exemple INTP, ESFJ ou ENTJ. Ces 4 lettres ne résument pas une personne dans sa totalité. Elles indiquent ce qui lui vient le plus naturellement, surtout dans les situations de fatigue, de pression ou d'automatisme.
Un langage commun pour remplacer les jugements
C'est là que le MBTI devient un outil de management concret.
Dans une équipe, on manque souvent de mots pour parler des différences de fonctionnement sans tomber dans le jugement. Le MBTI permet de remplacer une partie de ces étiquettes par des hypothèses de fonctionnement.
Peut-être que cette personne n'est pas rigide, mais qu'elle a besoin de structure pour se sentir efficace. Peut-être qu'elle n'est pas dispersée, mais qu'elle explore naturellement plusieurs possibilités avant de converger. Peut-être qu'elle n'est pas froide, mais qu'elle privilégie l'analyse logique avant la dimension relationnelle. Peut-être qu'elle ne prend pas tout personnellement, mais qu'elle capte très vite l'impact humain des décisions.
Ce changement de regard est loin d'être anodin. Il modifie la façon dont on se parle, dont on donne du feedback, dont on gère les désaccords.
L'autre avantage du modèle, c'est sa posture non normative : il n'y a pas de bon ou de mauvais profil. Chaque type porte des forces naturelles. Mais quand ces forces restent inconscientes, elles peuvent aussi produire des angles morts.
Une personne très analytique peut sous-estimer les enjeux relationnels. Une personne très orientée harmonie peut éviter les conflits nécessaires. Une personne très structurée peut manquer d'ouverture. Une personne très adaptable peut manquer de cadre.
Ces angles morts ne sont pas des défauts en soi. Ils deviennent problématiques quand ils restent invisibles.
Au-delà des 4 lettres : les fonctions cognitives jungiennes
La plupart des approches MBTI se limitent à identifier le type : "je suis INTP", "je suis ESFJ". C'est utile, mais c'est un point de départ, pas une destination.
Aller plus loin, c'est travailler au niveau des fonctions cognitives jungiennes. Cela permet une lecture plus fine du fonctionnement réel de la personne : ses forces naturelles, ses angles morts, ce qui lui donne de l'énergie, ce qui la fatigue, ce qui la met sous stress, et ce qu'elle attend parfois des autres sans en avoir conscience.
Travailler la dynamique collective, pas seulement les profils individuels
Dans une équipe, les profils ne sont pas simplement juxtaposés. Ils interagissent. Ils se renforcent, se complètent, et parfois se freinent mutuellement.
Deux personnes peuvent être compétentes, investies, de bonne volonté, et pourtant se bloquer l'une l'autre parce qu'elles ne fonctionnent pas avec les mêmes critères de décision, le même besoin d'information ou le même rapport au temps.
C'est pour cette raison que les bons ateliers MBTI ne partent pas du modèle, mais des participants et de leur quotidien professionnel : les tensions que l'équipe vit vraiment, les décisions qu'elle doit prendre, les incompréhensions qui reviennent. Pas un programme générique plaqué sur le groupe.
L'objectif n'est pas que chacun reparte avec son profil MBTI sous le bras. L'objectif, c'est que chacun sache quoi en faire dès le lendemain, dans une réunion, dans un feedback, dans une coopération difficile, ou dans sa façon de manager.
Chez HoloLead, nous ne nous limitons pas au MBTI : nous travaillons la typologie jungienne dans toute sa profondeur
Nous ne sommes pas seulement praticiens MBTI. Nous nous appuyons sur la théorie jungienne des types psychologiques, les fonctions cognitives et leur dynamique pour proposer un travail plus exigeant, plus fin et plus utile que les approches qui s'arrêtent au simple questionnaire.